
Voyons cela de plus près !
Le TLF nous enseigne que bourreler est un verbe transitif rare, utilisé au sens figuré uniquement, venant du terme bourreau. Définition : « Tourmenter comme le ferait un bourreau, martyriser. »
Pour le Larousse : « Tourmenter cruellement quelqu’un d’un sentiment douloureux. (Surtout à la voix passive.) »
Aujourd’hui, ce verbe n’est guère usité qu’au participe passé bourrelé (rien à voir avec les bourrelets). On peut le rencontrer dans être bourrelé d’affaires (être chargé de travail), de soupçons, de doutes, de culpabilité, de scrupules…
➡️ […] ce besoin de prouver ma délicatesse, […] et tantôt me bourrelait d’inutiles scrupules. (Gide)
… et surtout dans l’expression bourrelé de remords !
Bourrelé est aussi un adjectif qui signifie « tourmenté, en proie à la torture morale ».
➡️ Une âme, une conscience bourrelée.
On n’écrit donc pas bourré de remords ! Bien que critiquée, cette expression n’est pas fausse — on dit bien être bourré de talent, de préjugés… Mais, ici, on a affaire à un tour un peu familier signifiant simplement « avec beaucoup de », ce qui n’est pas exactement le sens de bourrelé, bien plus riche sémantiquement.
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