Des mots ou expressions souvent mal écrits !

Des mots ou expressions souvent mal écrits !

Dans son for intérieur, il se répétait à l’envi : « Vive les saynètes où l’on fait bonne chère ! ».
Petit tour non exhaustif de termes ou expressions que l’on écrit souvent incorrectement. Certains vont peut-être vous surprendre !

Une saynète
Ce terme vient de l’espagnol sainete qui désignait un « petit morceau de nourriture donné en récompense à un faucon de chasse ».
Puis « toute chose plaisante ». Puis une « petite comédie bouffonne interprétée pendant l’entracte d’une pièce plus importante ».
Enfin, plus globalement, il a désigné une « petite pièce comique ne comprenant généralement qu’une scène et un nombre restreint de personnages ».
⚠️ À ne pas confondre avec la scénette, qui est tout simplement une petite scène (dans le sens « suite d’événements envisagés comme un spectacle »).

Vive… ! / Vivent… !
« Acclamation envers quelqu’un ou quelque chose à qui l’on souhaite de vivre, de durer longtemps. »
Devant un nom pluriel, l’accord peut se faire ou non, selon que l’on considère le mot comme la forme conjuguée du verbe ou comme une interjection.
Les deux graphies sont donc admises, mais vive est le plus souvent considéré aujourd’hui comme une interjection invariable.
➡️ Vive les vacances !

à l’envi
Locution adverbiale signifiant « en rivalisant, avec émulation, à qui mieux mieux ».
Le latin invitare (inviter) a donné le verbe envier, puis envi (provocation) en ancien français.
➡️ Tous nos adversaires se déchaînaient à l’envi contre nous.
⚠️ *à l’envie n’existe pas pour cette acception !

for intérieur
Le for est initialement un terme juridique qui signifie « tribunal, compétence juridictionnelle ».
En droit canonique, le for extérieur est la « juridiction temporelle de l’Église ». Le for intérieur est « le pouvoir, l’autorité que l’Église exerce sur les choses spirituelles ».
C’est ainsi qu’au sens figuré le for intérieur définit « le tribunal intime, le jugement de la conscience ».
En/dans son for intérieur : dans la conscience, au fond de soi-même.
Toujours avec le même sens, on peut aussi parler du for interne.
Aujourd’hui, for n’est employé que dans ces locutions.
➡️ En mon for intérieur, je suis sûre qu’il n’a jamais cessé de penser à toi.

faire bonne chère
La chère est « ce qui sert à traiter quelqu’un en guise d’accueil ou à se traiter soi-même comme si l’on était son propre hôte (notamment en matière de nourriture, sous le rapport de la quantité et de la qualité) ». (source : TLF)
Le Robert définit ce substantif simplement comme « nourriture » (forme littéraire).
Par extension, les locutions faire bonne chère et faire chère lie, aimer la bonne chère signifient « mener joyeuse vie ; en particulier, bien manger en joyeuse compagnie. »
Un homme de bonne chère est un gourmet.
Faire grande chère et beau feu, c’est se régaler largement.
⚠️ La mauvaise tentation d’écrire *faire bonne chair est grande ! On peut éventuellement manger de la chair, mais on ne fait pas bonne chair.

Lire également mon article sur bourrelé de remords.

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