
Je rappelle que parce que permet d’exprimer une explication, la cause logique ou réelle d’un fait.
➡️ Le bébé pleure parce qu’il a faim.
Car, plus subjectif, exprime simplement l’explication du fait énoncé et n’introduit pas véritablement une cause logique ou réelle, mais plutôt une justification.
➡️ Julie est à Montréal, car je l’ai croisée hier.
➡️ Le bébé a faim, car il pleure.
➡️ Elle est fatiguée, car elle est cernée.
(cf. billet précédent)
❌ Dans ces trois exemples, on voit que l’on ne peut pas remplacer car par parce que.
· « Je l’ai croisée hier » n’est pas la cause de « Julie est à Montréal ».
· Le fait qu’il pleure n’est pas la cause de la faim du bébé.
· Ses cernes ne sont pas la cause de sa fatigue.
Autres exemples :
➡️ Suzy est certainement bien rémunérée, car elle vient de s’acheter une maison.
(et non : Suzy est certainement bien rémunérée parce qu’elle vient de s’acheter une maison.)
➡️ Pierre a survécu à l’incendie parce qu’il est sorti à temps de l’édifice.
(et non : Pierre a survécu à l’incendie, car il est sorti à temps de l’édifice.)
Dans le premier exemple, il ne peut s’agir que d’une justification, d’où l’emploi de car ; en effet, le fait de s’acheter une maison n’est pas la cause d’une bonne rémunération, mais bien sa conséquence. Dans le deuxième exemple, parce que introduit bien la cause réelle.
Maintenant, accrochons-nous un peu. Attrapez ça !🛟
Il existe tout de même beaucoup de cas où car et parce que sont interchangeables, puisque l’énoncé d’une cause est l’explication d’un fait, et l’explication d’un fait consiste en l’énoncé de la cause de ce fait. En fait, tout dépend de l’interprétation que l’on se fait de l’explication : une justification, une cause (logique ou réelle) ou les deux. Oui, c’est subtil. 🙄🛟
➡️ Il n’ira pas à la réunion, car/parce qu’il a un rendez-vous chez le médecin.
➡️ Assane ne peut pas voter, car/parce qu’il n’a pas encore atteint la majorité.
✅ Ici, ils sont synonymes (donc interchangeables) puisque l’on peut interpréter l’explication comme étant soit une justification de ce qui précède, soit une cause logique du fait évoqué.
Vous voilà armé(e)s pour interchanger !
(Sources : Vitrine linguistique & Clés de la rédaction)
