
Jusqu’au début du XIXe siècle, rester s’employait avec l’auxiliaire être ou avoir selon que l’on voulait marquer un état ou une action brève et révolue.
➡️ Parti pour quelques jours seulement, mon oncle est resté à Paris. (Le sujet est encore au lieu dont on parle.)
➡️ Mon oncle a resté huit jours à Paris avant de partir pour la montagne. (Il n’y est plus.)
Aujourd’hui, l’emploi de l’auxiliaire avoir avec rester est sorti de l’usage. Mais, pour des verbes comme apparaître, changer, descendre… cette règle, plus théorique que pratique, existe toujours.
➡️ Si la tige des primates avait été sectionnée à sa base par quelque accident géologique, la conscience réfléchie n’aurait jamais apparu sur la terre […]. Quoi qu’il en soit, l’homme est apparu. (J. Rostand)
Le Bon Usage explique que certains verbes exprimant un mouvement ou un changement d’état sont, eux aussi, parfois employés avec avoir par archaïsme littéraire ou par imitation d’usages locaux ou populaires. C’est le cas de rester.
➡️ J’ai resté ensuite sur mon lit et au soleil, car je me sentais encore très malade. (Desbordes‑Valmore)
➡️ Il a resté longtemps dans ce château. (Avec le sens de « habiter, demeurer, loger ».)
